Le partage équitable de la Valeur ajoutée, une utopie ?

Régulièrement,  et tout particulièrement à l’approche d’élections, on voit refleurir les rapports et études qui analysent, décortiquent et tentent des propositions relatives au « mal français » (faible compétitivité, parts de marchés en chutes libres, mal-être social, etc.…). Le récent rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental, comité Théodule qui répond au Premier Ministre, s’agrège à cette longue série qui nous avait déjà donnée, à la demande de N. Sarkozy, le rapport Cotis (Insee) en 2009 et le rapport Attali en 2010 sans mentionner les très nombreux essais d’économistes, de think-Tanks (de droite comme de gauche), de commission parlementaires, de Cour des Comptes,  de syndicats,  etc.…

Sur les 13 propositions faites dans ce rapport, qui recoupent précisément celles émises par les deux opuscules  susmentionnés, je me suis attardé sur les aspects, oh combien sensibles (politiquement), du partage de la valeur ajoutée des entreprises non financières.

Que propose le CESE ?

–          Améliorer la régulation financière en favorisant la responsabilité sociale des investisseurs (comment ?) et en mettant en place la taxe sur les transactions financières ( ?).

–          Verser des primes lorsque les résultats économiques sont bons (on voit ce que cela donne)

–          Elargir la participation et l’intéressement à l’ensemble des entreprises.

Ca me parait un peu court si l’objectif est un rapport plus équilibré entre salaires, investissements et dividendes.

D’abord, examinons comment se partage la VA :

 Le premier constat est que la part des salaires n’a quasiment pas variée depuis 20 ans, alors que la part des dividendes à quasiment doublée en 30 ans. Mais si ce n’est sur les salaires (quoiqu’une analyse plus fine des divers composants de ce poste soit intéressante), sur quoi les dividendes ont-ils bien pu mordre ?

Les graphs ci-dessous fournissent la réponse :

 

 

 

 

 

 

La part des investissements (en particulier R&D) n’a cessée de chuter depuis les mid-sixties et la fin des « 30 glorieuses », au détriment des dividendes. Les taux aberrants de ROI attendus par les « investisseurs » conduisent les entreprises à payer du dividende même en cas de résultats négatifs, donc en empruntant.

Il convient donc de réguler fortement, si on souhaite réellement une relance économique et une ré-industrialisation, la rémunération du capital qui s’effectue aujourd’hui dans des proportions insoutenables à moyens et longs termes en particulier en encadrant les LBO.

Cette rémunération ne devrait pas être supérieure à 50% du résultat net. L’autre moitié revenant, en salaires différés (Participation, intéressement), aux salariés sans lesquels il n’y a pas d’entreprise.

Les charges financières doivent aussi, en conséquence, être diminuées en particulier par la réglementation du « crédit inter-entreprises ». Les délais de paiement outranciers grâce auxquels les donneurs d’ordres (public et privés) se font de la trésorerie sur le dos de leurs sous-traitants, qui eux font le bonheur des banques (escompte, Dally) et autres « factors » doivent légalement être limités à 30 jours et « au cul du camion » pour les produits frais et agricoles.

Enfin pour que l’investissement en R&D devienne autre chose qu’un vœu pieux il convient de modifier drastiquement la « gouvernance » des entreprises en donnant autre chose qu’un strapontin aux salariés dans les conseils de surveillance, mais directement une minorité de blocage dans les conseils d’administration quelque soit la forme juridique de l’entreprise.

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